La dérivation gastrique Roux-en-Y par laparoscopie


Une procédure restrictive et de malabsorption

En quoi consiste-t-elle?

Gastric Bypass GraphicLa dérivation gastrique par laparoscopie est pratiquée en introduisant une caméra vidéo dans une petite incision abdominale. Cela permettra d’obtenir une vue agrandie des organes internes que l’equipe observera sur un moniteur. Toute l’intervention est pratiquée à «l’intérieur» de l’abdomen après l’insertion d’un gaz permettant son expansion. La dérivation gastrique est une technique qui utilise deux approches : la restriction alimentaire par la création d’une petite poche gastrique et la malabsorption par la dérivation d’une partie de l’estomac et de l’intestin grêle. Cette intervention permet de réduire l’estomac à la dimension d’une petite poche gastrique < 30 cc. Ce qui reste de l’estomac (95% de la partie du nouvel estomac , image de gauche) n’est pas enlevé mais est complètement séparé de la poche gastrique. L’intestin grêle a été sectionné juste après le duodénum et a été ramené vers le haut pour être relié (ou anastomosé) à la nouvelle poche gastrique (anse alimentaire). La partie restante (anse billiopancréatique) est reliée à la partie latérale de l’intestin pour former un « Y » d’où vient le nom de la technique « Roux-en-Y ». La nourriture court-circuitera une partie de l’intestin grêle (50%), qui absorbe les calories et les nutriments. La plus petite poche gastrique entraînera un effet de satiété plus rapidement chez les patients, de sorte qu’ils mangeront moins, et comme la nourriture ne transitera pas par la totalité de l’intestin grêle, l’apport calorique sera moins élevé. La création d’une poche gastrique très petite est essentielle au maintien du poids à long terme. Nos 20 années d’expérience nous ont permis de l’apprendre.(voir section Nos vidéos chirurgicales).

Quels sont les avantages?

Les patients affirment que la sensation de satiété est plus rapide, et, par conséquent le besoin de manger est moins grand. Ils perdent généralement plus de poids que les patients ayant subi des procédures purement restrictives, et ce, plus rapidement. Selon nos statistiques*, la dérivation gastrique  vous permettra de perdre près de 70-80 % de votre surplus de poids et de ne pas le reprendre si vous respectez les consignes postopératoires. * Weight gain after short- and long-limb gastric bypass in patients followed for longer than 10 years. Avertissement: Les résultats individuels peuvent varier. Certains patients perdent tout leur surplus de poids alors que d’autres qui ne respectent pas les règles en perdront moins. En plus de cette perte de poids, si vous souffrez d’un des troubles suivants, ils pourront se corriger ou se régler après la chirurgie :
  • Diabète de type 2
  • Hypertension
  • Apnée du sommeil
  • Dyslipidémie
  • Asthme
  • Lombalgie et atteinte discale
  • Ostéoarthrose des articulations portantes : hanches, genoux, chevilles et pieds
  • Dermatite causée par les replis cutanés
  • Incontinence à l’effort
  • Reflux gastrœsophagien
Enfin, les avantages de la dérivation gastrique peuvent réduire votre risque de décès premature. Pour plus de détails, veuillez consulter la section « Raisons d’opter pour la chirurgie de perte de poids ».

Quels sont les risques?

Ces avantages ne sont pas sans risques, cependant : le décès en cours de chirurgie est probable. La chance de mourir dans les 30 premiers jours suivanst la chirurgie (c’est ainsi que la médecine définit une « mort chirurgicale ») dépend de votre indice de masse corporelle, de votre sexe, du nombre et du type de troubles associés dont vous souffrez ainsi que de l’expérience du chirurgien bariatrique et de l’équipe de chirurgie bariatrique. Risques généraux:
  • Comme il y a eu dérivation du duodénum, la faible absorption de fer et de calcium peut entraîner une diminution de la quantité de fer totale dans l’organisme et peut prédisposer à l’anémie causée par une déficience en fer. Cet état est particulièrement préoccupant chez les patients souffrant d’hémorroïdes qui saignent ou chez les patientes qui ont un flux menstruel très abondant. Les femmes, déjà à risque d’ostéoporose après la ménopause, doivent être conscientes du risque accru de la perte de calcium dans les os.
  • Chez certains patients, la dérivation du duodénum peut entraîner une maladie métabolique des os qui cause des douleurs osseuses, une réduction de la taille, un dos voûté et des fractures des côtes et des hanches. Toutes les affections indiquées ci-dessus peuvent cependant être corrigées grâce à un régime approprié et à des suppléments vitaminiques et minéraux.
  • Toutes les carences mentionnées ci-dessus, cependant, peuvent être gérées par une bonne alimentation et des suppléments vitaminiques.
  • Un trouble connu sous le nom « dumping syndrome » peut survenir à la suite d’une vidange rapide du contenu gastrique dans l’intestin grêle. Ceci est parfois déclenché lorsque trop de sucre ou de grandes quantités d’aliments riches en glucides sont consommés. Les symptômes incluent la nausée, la transpiration, la faiblesse, et, à l’occasion, la diarrhée après avoir mangé. Même si on estime que ce syndrome n’est pas menaçant pour la santé, les conséquences peuvent être extrêmement désagréables et indiquent que vous ne suivez pas le régime alimentaire recommandé pour vous. Dr Christou juge qu’il s’agit d’une «soupape de sécurité» et il vous rappellera que si vous tentez de tricher, vous payez!
  • Incapacité de détecter l’estomac, le duodénum et certaines parties de l’intestin grêle à l’aide de rayons X ou d’endoscopie en cas de complication postopératoire, notamment d’ulcères, d’hémorragies et de malignité

Voici les statistiques de notre équipe avec dérivations gastriques (Roux-en-Y) par laparoscopie à notre hôpital privé.

COURT TERME (les 30 premiers jours)
Décès * 0 %
Pancréatite aiguë 0,2 %
Colite C. difficile 0,2 %
Perforation du colon 0,2 %
Thrombose veineuse profonde 0,4 %
Hémorragie interne 1,4 %
Lacération du foie/de la rate 1,4 %
Fuite anastomotique 3,6 %
Infection à la zone d’insertion du port 1,2 %
Infarctus du myocarde 0,2 %
Embolie pulmonaire 0,2 %
Déchirure de la serosa (poche) 0,2 %
* – les cas avec IMC<59, ASA<4, OSMRS<4
LONGUE TERME (pour la vie)
Rétrécissement de l’orifice de sortie de l’estomac 4,0 %
Ulcères de la poche gastrique 1,4 %
Hernie à la zone d’insertion du port 0,8 %
Fistule gastro-gastrique 1,2 %
Calculs biliaires (10 ans) 14.4 %
Fistule de l’intestin grêle 0,2 %
Hernie/obstruction de l’intestin grêle 2,6 %
Grossesse pendant la première année suivant la chirurgie 1,1 %
Besoin de chirurgie supplémentaire 3 %
Carences en vitamines/minéraux Variable, selon le régime
Dumping Syndrome Intentionnel
Anémie 10 %

Dans quels cas cette chirurgie ne doit-elle pas être faite?

  • Maladie pulmonaire nécessitant une oxygénothérapie ou BIPAP.
  • Mobilité extrêmement limitée
  • Troubles psychiatriques ou de toxicomanie non traités, troubles endocriniens tels que le syndrome de Cushing et le syndrome de Prader-Willi
  • Instabilité psychologique
    • abus de drogues ou d’alcool (non traité)
    • incapacité à suivre une nouvelle alimentation et un nouveau style de vie après la chirurgie
    • refus d’être évalué par un psychologue ou un psychiatre
Les pathologies complexes augmentent les risques de la chirurgie et sont examinées selon chaque patient.